Tatamagouche, journal Ensemble «Confiée pour toujours à la fiducie, la terre n’a plus de valeur, parce qu’elle ne peut être vendue. Elle devient comme l’air, l’eau, un bien commun.» Yuill Herbert, cofondateur de Tatamagouche Community Land Co-operative, la fiducie foncière sur laquelle est installée la ferme Waldegrave, à Tatamagouche, affirme qu’il s’agit d’une première dans les Maritimes. La célèbre ferme néoécossaise, sur laquelle se tient chaque année Tatamagouche Free School, marche ainsi sur les traces de la Ferme Cadet-Roussel en Montérégie, également sous fiducie foncière, mais sa structure est inattendue.

La fiducie foncière vise notamment à placer la terre à l’abri de la spéculation, pour les générations futures. Photo: Lucas Ayoub

La fiducie foncière vise notamment à placer la terre à l’abri de la spéculation, pour les générations futures.
Photo: Lucas Ayoub

Les fiducies foncières protègent la terre à long terme «en la sortant du marché foncier, donc de la spéculation et de la possibilité de développement. C’est un mouvement de grande ampleur aux États-Unis et au Canada anglais, où de grands organismes aident les plus petites fiducies à se mettre en place», a expliqué Jocelyn Darou, étudiant à la maîtrise en sociologie et anciennement chercheur au Groupe de réflexion et d’action sur le paysage et le patrimoine (GRAPP), lors du séminaire Les fiducies foncières agricoles – L’approche coopérative, tenu par l’Alliance de recherche université-communautés – Développement territorial et coopération (ARUC-DTC) en février 2012. Lire la suite »

Trois-Pistoles, journal EnsembleLeader des Opérations Dignité qui ont empêché la fermeture de plusieurs villages dans l’est du Québec pendant les années 1970, Gilles Roy a été président d’honneur de la Maison familiale rurale du KRTB, projet dont j’étais chargé du démarrage pendant l’année 2008-2009. C’est avec une immense tristesse que j’ai appris son décès, survenu mercredi à l’hôpital de Rimouski. Laissez-moi vous raconter en quelques mots trop brefs cet homme inspirant qui n’a jamais arrêté de se dévouer pour nos collectivités rurales, jusqu’à la fin.

Leader des Opérations Dignité qui ont empêché la fermeture de plusieurs villages dans l'Est du Québec pendant les années 1970, Gilles Roy a récemment été président d'honneur du démarrage de la Maison familiale rurale du KRTB. Photo: Nicolas Falcimaigne

Leader des Opérations Dignité qui ont empêché la fermeture de plusieurs villages dans l’Est du Québec pendant les années 1970, Gilles Roy a récemment été président d’honneur du démarrage de la Maison familiale rurale du KRTB.
Photo: Nicolas Falcimaigne

Nos chemins n’ont fait que se croiser. Son voyage tirait à sa fin et le mien ne faisait que commencer. Si brève a été notre rencontre, trop brève. Gilles Roy est une de ces personnes qui nous marquent pour longtemps, et il nous manquera longtemps. Les quelques pas que nous avons parcouru ensemble m’ont fait découvrir un homme d’une rare détermination, sur la route de la Maison familiale rurale, cette école coopérative pour la persévérance scolaire et la relève rurale, au cœur de son pays du Bas-Saint-Laurent. Lire la suite »

Montréal, journal EnsembleL’élection du 4 septembre 2012 a marqué un changement de règne en portant au pouvoir le Parti québécois, après trois mandats libéraux. Avant que les événements dramatiques que l’on sait se produisent au Métropolis, le journal Ensemble a interrogé Jean-François Lisée, Bernard Drainville et Marie Malavoy sur leurs orientations en matière de coopératives, d’économie sociale et de réforme démocratique.

Jean-François Lisée s'est adressé à ses partisans réunis pour célébrer sa victoire, chez Baptiste, sur la rue Masson. Photo: Nicolas Falcimaigne

Jean-François Lisée s’est adressé à ses partisans réunis pour célébrer sa victoire, chez Baptiste, sur la rue Masson.
Photo: Nicolas Falcimaigne

Ces entrevues font l’objet de la toute première chronique radiophonique du journal Ensemble pour cette saison. C’est Simon Van Vliet qui en assurera la réalisation, dans le cadre de Mais, l’émission, sur les ondes de CISM 89,3 FM Montréal.

La chronique hebdomadaire est disponible pour téléchargement et diffusion libre sur toutes les radios communautaires, d’économie sociale et/ou coopératives. Lire la suite »

Trois-Pistoles, journal Ensemble«Qu’est-cé qui s’est passé pour que ça vire de même?», répétera Mathieu Barrette, narrateur de sa pièce La Maison hantée. Évoque-t-il la suite d’événements qui a amené sa fresque légendaire à terminer seule la saison théâtrale de Trois-Pistoles? La tempête qui s’est levée sur l’Échofête et le naufrage de La Guerre des clochers ont fait de son auteur Victor-Lévy Beaulieu le pilote d’une épave. Resté à flot, la face au vent, Mathieu Barrette fixe le large avec une «tristesse sans nom» qui alourdit chacun de ses mots pourtant déjà torturés par l’histoire tragique de la Pointe-à-la-Loupe.

Aux côtés de Mathieu Barrette, Aurélie Brochu Deschênes assume un rôle de soutien plus grand que nature. Elle incarne la tenancière Florence qui gère les femmes de marins livrées aux abus des Anglais et des hommes qui fréquentent la maison, comme hantée de son vivant, pour survivre. Photo: Nicolas Falcimaigne

Aux côtés de Mathieu Barrette, Aurélie Brochu Deschênes assume un rôle de soutien plus grand que nature. Elle incarne la tenancière Florence qui gère les femmes de marins livrées aux abus des Anglais et des hommes qui fréquentent la maison, comme hantée de son vivant, pour survivre.
Photo: Nicolas Falcimaigne

À travers les tableaux enchevêtrés d’une trame narrative décousue, déroutant morcellement qui fracasse le cadre du conte, Mathieu Barrette expose l’extrême et funeste aboutissement d’un système colonial violent et corrompu. Il fait écho au Québec de nos jours, qui craque sous les neuf années d’un règne libéral criblé de scandales.

«Calice de beau pays, le Bas-du-Fleuve.» Mathieu Barrette accueille le public dans sa région natale. Au beau milieu du fleuve, trahi par Florent Basile, Antoine célèbre la beauté d’un coucher de soleil jusqu’à la noyade glacée qui l’attend, déterminé à mourir digne et heureux. Soliloque funèbre, moment d’éternité capturé par la répétition litanique qui étire la sereine angoisse du condamné. «Mort en paix, mais mort pareil Lire la suite »

Trois-Pistoles, journal EnsembleRetour aux sources inattendu, cette dixième édition de l’Échofête aura eu un retentissement inédit dans les rues de Trois-Pistoles. Privé du terrain habituel, près du fleuve, confisqué par l’administration du maire Jean-Pierre Rioux, le festival a défié la censure en s’installant en haut, près de l’église, du 25 au 29 juillet. Né d’une lutte politique pour empêcher la construction d’un barrage hydroélectrique sur la rivière Trois-Pistoles, le premier festival environnemental au Québec a renoué avec ses origines pour devenir le porte-étendard de ce printemps québécois devenu été.

Samedi matin, Victor-Lévy Beaulieu a tenu à accueillir personnellement Gabriel Nadeau-Dubois et Mikaël Rioux à son domicile de la route Nationale, siège des Éditions Trois-Pistoles, pour discuter de la polémique entourant la participation du jeune leader étudiant à la dixième édition de l'Échofête, premier festival environnemental au Québec. Photo: Nicolas Falcimaigne

Samedi matin, Victor-Lévy Beaulieu a tenu à accueillir personnellement Gabriel Nadeau-Dubois et Mikaël Rioux à son domicile de la route Nationale, siège des Éditions Trois-Pistoles, pour discuter de la polémique entourant la participation du jeune leader étudiant à la dixième édition de l’Échofête, premier festival environnemental au Québec.
Photo: Nicolas Falcimaigne

C’est un détail du programme qui a attiré l’attention de l’empire médiatique Quebecor. Philippe Duhamel, du groupe Moratoire d’une génération, devait donner un atelier intitulé Formation à l’autodéfense citoyenne, en marge du festival. La journaliste Stéphanie Gendron en a fait un article publié le 11 juillet dans l’hebdo régional, sujet repris à la une du Journal de Québec sous le titre Activistes en formation et orné d’une grande photo de Mikaël Rioux, président et cofondateur de l’Échofête. Lire la suite »

Sainte-Adèle, journal Ensemble«Prenez exemple sur Stephen Harper», a lancé le conférencier Jean-François Lisée aux quelque 80 participants au Forum coopératif des Laurentides cet après-midi. «Ils [les Conservateurs] se sont dit : « si on ne s’unit pas, au-delà de toutes nos chicanes, on ne sera jamais au pouvoir ». Si Stephen Harper l’a fait, alors qu’il est un peu psychorigide selon certains, je pense que les coopératives peuvent le faire.» M. Lisée a invité le mouvement coopératif à s’unir et à exercer un pouvoir politique auprès des élus. Le ton était donné pour ce rendez-vous régional organisé par la Coopérative de développement régional (CDR) Outaouais-Laurentides.

Jean-François Lisée a exprimé la nécessité de mettre en place des conditions permettant de favoriser un développement rapide du secteur coopératif, pour protéger l'économie du Québec des prochaines crises. Il a invité le mouvement coopératif à identifier cinq enjeux sur lesquels les candidats à la prochaine élection devront se prononcer, et à inviter les huit millions de membres au Québec à voter en conséquence. Photos: Nicolas Falcimaigne

En soulignant que les économies qui ont le mieux fait face à la crise de 2008 sont celles qui, comme le Québec, comptent beaucoup de coopératives, Jean-François Lisée a exprimé la nécessité de mettre en place des conditions permettant de favoriser un développement rapide du secteur coopératif, pour protéger l’économie du Québec des prochaines crises. Il a invité le mouvement coopératif à identifier cinq enjeux sur lesquels les candidats à la prochaine élection devront se prononcer, et à inviter les huit millions de membres au Québec à voter en conséquence. Lire la suite »

Trois-Pistoles, journal EnsembleIl est impossible de gagner une élection au Québec sans avoir le soutien d’un grand groupe de presse. C’est ce qu’affirmait l’ancien président du Conseil de presse du Québec, Raymond Corriveau*, à l’émission Enquête diffusée le 3 novembre dernier à Radio-Canada. La conduite de l’État serait entre les mains de groupes financiers qui échappent au contrôle des citoyens, pensent plusieurs analystes dont notamment le journaliste et essayiste Hervé Kempf, la vitrine d’un système oligarchique contrôlé par quelques uns au profit d’une minorité.

Comment faire en sorte que le Printemps québécois ne soit pas capturé par la politique partisane, au seul profit de la prise du pouvoir par une formation politique? Photos: Nicolas Falcimaigne

À l’occasion du Printemps québécois, et au premier chef de la plus longue grève étudiante de l’histoire récente du Québec, la collusion entre les grands groupes de presse et le pouvoir s’est illustrée à plusieurs reprises. Elle a permis au gouvernement Charest de fixer l’attention des citoyens sur la grève étudiante, un sujet qui le fait progresser dans les sondages. La couverture sélective des épisodes violents de la grève, en plus de détourner l’attention du débat fondamental sur les frais de scolarité, a permis d’éclipser encore plus totalement les controverses qui mettent le gouvernement dans l’embarras: Plan Nord, gaz de schiste, exploitation pétrolière dans le golfe du Saint-Laurent, exploitation de l’uranium, réfection de la centrale nucléaire de Gentilly 2, enquête sur l’industrie de la construction et la corruption. Lire la suite »

avr 082012

Montréal, journal EnsembleIls étaient plus de 70 citoyens, chercheurs, artistes, étudiants, philosophes et autres manifestants indignés. Ils étaient intarissables, ils parlaient du Québec, de la démocratie, du bien commun, de ce printemps québécois qui s’éveille au bruit de centaines de milliers de pas qui envahissent pacifiquement les rues pour exiger la justice sociale. Ils étaient Nous.

Plus de 70 citoyens, dont ici le musicien Martin Léon, ont pris la parole au Monument-National, le 7 avril 2012, à l'occasion de l'événement Nous? Photo: Nicolas Falcimaigne

«Nous?», cet événement de prise de parole, s’est tenu le 7 avril dernier au Monument-National, de midi à minuit. Pendant douze heures s’est exprimée l’essence de l’identité québécoise, de sa crise et de ses espoirs.

«Comment rendre visible, opérante la liberté qui nous caractérise et qui nous échappe en même temps? La révéler?» En réponse à cette question, aussi alambiquée que celle du référendum de 1995, la diversité des points de vue exprimés s’est avérée impressionnante.

La part belle a été faite au mouvement étudiant et au «Printemps érable», en vue de la grande manifestation du 22 avril. Dominic Champagne, metteur en scène et organisateur de cette dernière, ainsi que Gabriel Nadeau-Dubois, leader étudiant présent à titre personnel, ont tous deux livré d’inspirants discours. Lire la suite »

Montréal, journal EnsembleIl y a quelques semaines, Lux Éditeur publiait un petit livre intitulé Université inc. Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir, par Eric Martin et Maxime Ouellet, un ouvrage auquel ont également contribué Guy Rocher, Lise Payette, Omar Aktouf et Victor-Lévy Beaulieu. Omar Aktouf est aussi professeur titulaire à l’école des Hautes études commerciales, et donc à la fois au cœur d’une institution universitaire et d’une pouponnière de la finance. Il est aux premières loges de cette relation entre l’élite financière et le monde de l’éducation, qui est en question dans cet ouvrage. Alors que des milliers d’étudiants sont dans la rue pour s’opposer à la hausse des frais de scolarité, le journal Ensemble l’a rencontré pour connaître le fond de sa pensée.

Omar Aktouf est professeur titulaire à l'école des Hautes études commerciales, et donc à la fois au cœur d'une institution universitaire et d'une pouponnière de la finance. Photo: N.Falcimaigne

En ce jeudi 22 mars, des milliers d’étudiants envahissent les rues pour s’opposer à la hausse des frais de scolarité, qui a été confirmée dans le budget déposé par le gouvernement Charest cette semaine. La mobilisation étudiante a bloqué l’autoroute métropolitaine il y a quelques jours, et ensuite le pont Champlain. La réaction de la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, est de nature à diviser la population, selon Omar Aktouf, professeur titulaire aux HEC. Selon la ministre, «les étudiants qui revendiquent la gratuité de leurs études universitaires doivent réaliser qu’ils sont en train d’écœurer les travailleurs, à qui ils veulent refiler toute la facture.» Lire la suite »

Lelystad, journal EnsembleFlevoland, Pays-Bas. Les moulins à vent ne servent pas qu’à moudre le grain. Symbole de la Hollande, ils sont littéralement à l’origine de ce pays d’Europe du Nord, tel qu’on le connaît aujourd’hui. En fournissant l’énergie nécessaire à pomper la mer hors des marais, ils ont permis l’émergence des polders et la transformation de ce littoral humide en territoire. C’est aussi un vent d’interdépendance et de coopération qui a rendu possible la création des premiers polders dès le Moyen-âge. Il s’y bâtit depuis le XXe siècle le cœur de l’Europe économique. Quelques pas sur l’improbable Nouveau Monde du Vieux Continent.

La digue qui relie Lelystad à Enkhuizen divise en deux la mer intérieure, Zuiderzee, et constitue un axe routier important entre l’Est et l’Ouest des Pays-Bas. - Photo: N.Falcimaigne

Le musée Nieuwland de Lelystad raconte cette histoire fascinante, où l’aménagement du territoire prend son sens le plus extrême. Henk Pruntel, chercheur au musée, explique que c’est avec l’apparition de la machine à vapeur, au XIXe siècle, que de grands projets commencent à devenir réalistes. On projette alors de refermer Zuiderzee, la mer intérieure, et d’en faire émerger plusieurs polders modernes. Une énorme tempête, en 1916, et la nécessité d’améliorer la sécurité alimentaire des Pays-Bas, victimes de blocus pendant la Grande Guerre, ont insufflé la volonté politique nécessaire pour passer aux actes. Les digues seront toutefois détruites par les Allemands pendant la Deuxième Guerre mondiale, causant des inondations dévastatrices. Lire la suite »

Elorrio, journal Le Mouton NoirElorrio. Le vent soulève la poussière en cette fin d’après-midi. La grisaille du ciel couvert accentue le sentiment de désolation qui se dégage des façades de commerces fermés et des rues désertes de ce village pittoresque, pourtant l’un des plus jolis du Pays Basque. Est-ce l’heure de la journée, la sieste, le jour de la semaine? Cette ambiance sinistre qui nous accueille est-elle un reflet de la situation socioéconomique qui affecte l’Espagne et les quatre provinces basques situées sur son territoire?

Des enfants jouent à la pelote basque sur le fronton attenant à la mairie d'Elorrio. Sur le mur à gauche, le drapeau réclamant la libération des prisonniers basques : « Euskal presoak, etxera! » (« prisonniers basques, à la maison! »). - Photo : N.Falcimaigne

Des enfants jouent à la pelote basque sur le fronton attenant à la mairie d'Elorrio. Sur le mur à gauche, le drapeau réclamant la libération des prisonniers basques : « Euskal presoak, etxera! » (« prisonniers basques, à la maison! »). - Photo : N.Falcimaigne

Un mur de la mairie sert de fronton, et quelques enfants s’amusent sur la kantxa (terrain de pelote basque). Armés de raquettes et de balles de tennis, ils mitraillent le mur d’un feu nourri. Dans un coin du mur, un drapeau : le territoire basque. Un slogan : Euskal presoak, etxera! (« prisonniers basques, à la maison! »). Au café voisin de la mairie, nous retrouvons Julio, notre hôte, qui nous ouvrira les portes de la société basque militante et populaire, loin des rencontres protocolaires.

Nous attendons Carlos, chez qui nous logerons. Julio en profite pour nous expliquer la situation. Avec un taux de chômage de 15 %, le Pays Basque ne s’en tire pas si mal en regard des 20 % de chômeurs espagnols. La crise s’est toutefois accompagnée de tensions politiques accrues depuis que les autorités espagnoles ont interdit le parti nationaliste basque, Batasuna. Au cœur d’Hegoalde, sur le versant espagnol des Pyrénées, ce village basque de 7 000 habitants est l’un de ceux dont le jeune maire appartient à Batasuna. Son administration est tombée dans un vide juridique. Lire la suite »

Rivière-du-Loup, journal culturel Le Q-Dpoule«Tu peux pas avoir d’histoire sans terre.»

Photo: Inês Lopes

C’est le message lancé par le peuple millénaire qui a vu naître, dévaster et maintenant mourir à petit feu Schefferville, boomtown du « Nouveau-Québec ». Ce n’est pas qu’un paysage stérile et rouillé que nous dévoile Une tente sur Mars, le documentaire de Martin Bureau et Luc Renaud présenté le 16 février dernier par les Projections Cinédit. Ce n’est pas une énième complainte à la situation socioéconomique des autochtones, ni même une critique de l’exploitation minière sauvage que l’on fait subir au Québec depuis plus d’un siècle. C’est plutôt une remise en question des représentations identitaires les plus profondément ancrées chez le spectateur québécois. Expérience bouleversante pour une salle comble à la Maison de la culture de Rivière-du-Loup. Lire la suite »

Trois-Pistoles, journal EnsembleÀ l’approche des États généraux sur le journalisme indépendant, le journal Ensemble, presse coopérative et indépendante, co-publiera avec le bulletin L’Indépendant de l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) une série d’articles de fond dans un dossier sur la profession de journaliste indépendant, son histoire, son rôle dans le développement de la presse indépendante et de l’accès des citoyens à l’information, ses enjeux, son avenir et bien d’autres facettes de notre réalité.

L'historien Éric Tremblay est correspondant du journal Ensemble au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Photo: Nicolas Falcimaigne

L’historien Éric Tremblay est correspondant du journal Ensemble au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Photo: Nicolas Falcimaigne

La Coopérative de journalisme indépendant, éditeur d’Ensemble, mobilisera ses membres dans toutes les régions du Québec pour mener également une série de rencontres de consultation afin de connaître l’avis des journalistes, des éditeurs et des citoyens sur ces questions. Les premières dates seront annoncées en janvier et nous vous invitons à y participer en grand nombre.

Publication spéciale États généraux

Le texte a d'abord été publié dans le journal Ensemble, presse coopérative et indépendante

Le texte a d’abord été publié dans le journal Ensemble, presse coopérative et indépendante

Les articles du dossier, en relation avec cette tournée, auront une place de choix dans les éditions web et papier du journal Ensemble et dans L’indépendant mais aussi dans une publication spéciale au moment des États généraux sur le journalisme indépendant, en septembre (lire autre texte). Cette publication spéciale pourrait bien prendre la forme d’un livre, recueil d’articles, comme celui publié par la coop en octobre dans le cadre de l’Année internationale des coopératives.

Indépendants, ensemble, l’Association des journalistes indépendants du Québec et la Coopérative de journalisme indépendant vous réservent donc une année 2013 qui verra les enjeux du journalisme indépendant mis à l’avant plan comme jamais, au moment où le contexte social et politique appelle un examen de notre démocratie.

Québec, journal Ensemble — «Dans mes trois ans de baccalauréat, trente minutes ont été consacrées aux coopératives, lecture comprise», confiait récemment au journal Ensemble un diplômé en gestion qui a préféré taire l’identité de son institution d’enseignement. La coopération aurait-elle disparu de la pensée économique? C’est ce que suggère Stefano Zamagni, vice-directeur du Bologna Centre et ancien doyen de la Faculté d’économie de l’Université de Bologne. Il a décrit hier les causes et opportunités de cette extinction dans une conférence teintée d’espoir, en ouverture de Imaginons 2012. Ce congrès international sur l’économie des coopératives est un prélude au Sommet international des coopératives, qui se tient à Québec et Lévis cette semaine.

Les coopératives se heurtent à un obstacle invisible: leur absence de la pensée économique, explique Stefano Zamagni, vice-directeur du Bologna Centre et ancien doyen de la Faculté d'économie de l'Université de Bologne. Photo: Nicolas Falcimaigne

Les coopératives se heurtent à un obstacle invisible: leur absence de la pensée économique, explique Stefano Zamagni, vice-directeur du Bologna Centre et ancien doyen de la Faculté d’économie de l’Université de Bologne.
Photo: Nicolas Falcimaigne

À l’origine de la disparition des coopératives de la pensée économique, explique le chercheur, sont deux vices cachés qui fissurent les fondations du néolibéralisme. Le premier est une erreur anthropologique, celle de croire que tous les humains sont des homo economicus, caractérisés par l’intérêt personnel et l’individualisme. Des études récentes, fondées sur les habitudes de vie et de consommation, démontrent qu’une minorité de répondants oriente ses choix en fonction de ces critères.

Le second vice caché est méthodologique. La définition de l’efficacité économique serait incomplète, car elle n’inclut que les facteurs propres au capitalisme. Coûts, bénéfices, rendement, mais rien à propos des humains, de leur qualité de vie, des écosystèmes pourtant indispensables à la disponibilité des ressources etc. À cette aulne, les coopératives sont évidemment jugées inefficaces. L’inefficacité implique l’irréalisme et discrédite le mouvement.

«Les coopératives n’ont jamais réagi à ces deux vices», laisse tomber M. Zamagni.

Après avoir semé le désespoir dans la salle, le chercheur italien a soulevé les opportunités créées par cette situation. Les coopératives ont toujours été «tolérées», dit-il, dans les secteurs laissés pour compte par l’État d’un côté et l’économie de marché de l’autre. En affaiblissant l’État et en exacerbant la recherche du profit, la mondialisation creuse l’écart entre ces deux instances. Les coopératives investissent cette faille et créent une impulsion dans tous les secteurs.

Trois opportunités

Si les coops prennent leur place, M. Zamagni l’explique par trois raisons. D’une part, la hausse des inégalités, considérée comme un «externalité pécunière» par les économistes néolibéraux, est une «conséquence involontaire» des fluctuations de prix. Puisque l’État ne peut plus compenser, c’est une opportunité pour les coopératives.

Le texte a d'abord été publié dans le journal Ensemble, presse coopérative et indépendante

Le texte a d’abord été publié dans le journal Ensemble, presse coopérative et indépendante

La deuxième raison, c’est la démocratie. La démocratie politique, selon le chercheur, ne peut exister que si elle est soutenue par l’existence d’une démocratie économique. Les coopératives sont l’incarnation par excellence de la démocratie économique, et leur existence favorise la diversité économique, qui est aussi une source de stabilité. Il faut les reconnaître en modifiant les lois de la concurrence.

La liberté est la troisième opportunité des coopératives. Cette liberté, au-delà de celle qui s’exerce en opposition à l’oppression, doit aussi permettre d’exercer l’expression et la réalisation de soi. Cette liberté, affirme M. Zamagni, est source de motivation intrinsèque. Les coopératives sont bâties sur une telle motivation.

La Prairie, journal EnsembleC’est au Forum régional coopératif de la Montérégie qu’a été lancée, le 12 septembre dernier, la Déclaration des coopératives montérégiennes. Élaborée et adoptée par les quelque 120 participants et participantes, cette déclaration vise à «mobiliser les gens autour du fait que les coopératives doivent se faire connaître et se faire reconnaître dans la communauté et participer à un projet de société», explique la directrice générale de la Coopérative de développement régional (CDR) de la Montérégie, Claire L’Heureux. Elle espère que les gens puissent ainsi «s’identifier à un futur pour les coopératives et s’inclure en tant que coopérative dans un projet de société beaucoup plus global que leur coopérative elle-même». Illustrations concrètes de ce que signifient ces valeurs pour la région, plusieurs entrepreneurs sont venus parler de leur coopérative et raconter leur parcours qui parfois relève de l’exploit.

«Ce qu'on ne savait pas à ce moment là, c'est que c'était impossible. Ça fait qu'on l'a fait pareil», s'exclame Réjean Sauvé, directeur général de la Coopérative de Solidarité du Suroît - CSUR. Photo: Nicolas Falcimaigne.

«Ce qu’on ne savait pas à ce moment là, c’est que c’était impossible. Ça fait qu’on l’a fait pareil», s’exclame Réjean Sauvé, directeur général de la Coopérative de Solidarité du Suroît – CSUR. Photo: Nicolas Falcimaigne.

«Ce qu’on ne savait pas à ce moment là, c’est que c’était impossible. Ça fait qu’on l’a fait pareil», s’exclame Réjean Sauvé, directeur général de la Coopérative de Solidarité du Suroît – CSUR. Comme plusieurs autres promoteurs, il lui a fallu louvoyer entre les obstacles administratifs, techniques et financiers pour mettre sur pied une entreprise qui répond au besoin du milieu, en l’occurrence l’accès à Internet haute vitesse, alors que les grandes compagnies privées n’y voyaient pas un marché intéressant. Lire la suite »

Québec, journal EnsembleDans quelques jours, 2200 dirigeants de coopératives et de mutuelles, chercheurs, représentants d’organisations internationales et de gouvernements de partout sur la planète se réuniront à Lévis et à Québec pour le Sommet international des coopératives. Les enjeux économiques, sociaux et environnementaux sur lesquels ils se pencheront feront écho à ceux des Forums régionaux qui se sont tenus au Québec pendant l’Année internationale des coopératives 2012. Le 19 septembre dernier, se tenait à Saint-Henri-de-Lévis celui de la région de Chaudière-Appalaches, organisé par la Coopérative de développement régional (CDR) Québec-Appalaches.

Les participants ont pu découvrir des exemples concrets d'initiatives coopératives qui changent le monde dans les communautés. Photo: Pierre-Luc Laganière

Les participants ont pu découvrir des exemples concrets d’initiatives coopératives qui changent le monde dans les communautés.
Photo: Pierre-Luc Laganière

«C’est parce que ça va mal dans le monde», laisse tomber Louis Favreau en conférence d’ouverture. «Vous savez qu’il y a 175 pays dans le monde qui vivent dramatiquement la crise dont on parle. Et nous aussi, on a les effets et on pourrait les avoir les effets encore plus brutalement dans les prochaines années. Il faut donc être vigilant

Cette crise qu’il compare à celle des années 1930, avec en trame de fond l’érosion des acquis sociaux et la «montée d’un capitalisme financier qui est boursier. Les multinationales du pétrole et du gaz, les grandes banques, on sait que c’est là que se pose le problème: les entrepreneurs qu’ils soient privés ou non, n’ont pas le gros bout du bâton, c’est les grands actionnaires qui contrôlent leurs entreprises. Certains parlent d’une dictature des actionnaires, et c’est aussi la dictature du court terme.» Un court terme alarmant, qui sonne l’urgence écologique, cause et conséquence de la crise économique et sociale. Lire la suite »

Lac-Kénogami, journal EnsembleEn complément du dossier sur le Forum coopératif du Saguenay-Lac-Saint-Jean, dans l’édition de septembre du journal Ensemble, voici deux entrevues sur le rôle des coopératives dans le développement régional. Langis Lavoie, coordonateur du Centre de transfert d’entreprises Saguenay-Lac-Saint-Jean, explique le fonctionnement d’un transfert d’entreprise vers une coopérative de travailleur-actionnaires et parle de l’atelier sur la relève via le modèle coopératif du 27 septembre. Louis Pilote, président de la coopérative de solidarité Lac Kéno, retrace l’historique et les principes qui ont guidé la mise sur pied d’une coopérative pour relancer un dépanneur dans la localité.

Louis Pilote, président de la coopérative de solidarité Lac Kéno, retrace l’historique et les principes qui ont guidé la mise sur pied d'une coopérative pour relancer un dépanneur dans la localité. Photo: Nicolas Falcimaigne

Louis Pilote, président de la coopérative de solidarité Lac Kéno, retrace l’historique et les principes qui ont guidé la mise sur pied d’une coopérative pour relancer un dépanneur dans la localité.
Photo: Nicolas Falcimaigne

La chronique Ensemble est une réalisation de Simon Van Vliet, dans le cadre de Mais, l’émission, sur les ondes de CISM 89,3 FM Montréal.

Elle est disponible chaque semaine pour téléchargement et diffusion libre sur toutes les radios communautaires, d’économie sociale et/ou coopératives.

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Trois-Pistoles, journal EnsembleVoter «stratégique» ou «avec son cœur», mardi prochain? À la veille de l’élection provinciale, le Parti québécois d’un côté, Québec solidaire et Option nationale de l’autre s’arrachent le vote des électeurs progressistes et souverainistes. Le mode de scrutin «majoritaire uninominal à un tour» force les Québécois à conjuguer dans un seul X sur le bulletin de vote le choix d’un chef d’État (pouvoir exécutif), d’un groupe parlementaire (pouvoir législatif) et d’un député qui les représente. Les voix n’ont jamais été aussi nombreuses pour demander qu’enfin ce système d’origine britannique soit réformé et modernisé pour que le résultat des élections reflète fidèlement la volonté populaire. Le journal Ensemble a demandé aux représentants des principaux partis ce qu’ils proposent pour remplacer ce que plusieurs considèrent comme une loterie.

Des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour dire que les institutions démocratiques québécoises ont besoin de plus que d'un ravalement de façade. Photo: Nicolas Falcimaigne

Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dire que les institutions démocratiques québécoises ont besoin de plus que d’un ravalement de façade.
Photo: Nicolas Falcimaigne

«Le besoin de démocratie se fait sentir plus que jamais au Québec», explique Jean-François R. Ouellette, étudiant en droit qui complète une maîtrise en commerce électronique à l’Université de Montréal. Sa passion du web et du droit constitutionnel l’a amené à mettre sur pied un site de référence sur le projet de constitution du Québec: constitutionqc.org. Il y regroupe l’information et la documentation disponible à ce sujet. On y retrouve même depuis peu le premier projet de constitution déposé en 1960 par l’Alliance laurentienne. Lire la suite »

sept 022012

Trois-Pistoles, journal EnsembleVoter coop, c’est possible? Mercredi dernier, le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) adressait ses demandes aux candidats à l’élection générale du 4 septembre. Le journal Ensemble a interrogé les principaux partis politiques pour connaître leurs engagements. Jean-Martin Aussant, chef d’Option nationale (ON), Benoît Charette, candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Deux-Montagne, Jean-François Lisée, candidat du Parti québécois (PQ) dans Rosemont, François Saillant, candidat de Québec solidaire (QS) dans Rosemont et François Tremblay, candidat de la Coalition pour la constituante (CPC) dans Taschereau, ont répondu à l’appel.

Derrière les pancartes, quelles sont les solutions pour les coopératives? Photo: Nicolas Falcimaigne

Derrière les pancartes, quelles sont les solutions pour les coopératives?
Photo: Nicolas Falcimaigne

«Géant économique, nain politique», le mouvement coopératif est reconnu comme l’un des facteurs qui ont permis au Québec de traverser la crise de 2008 sans s’effondrer. Les experts s’entendent sur l’importance de développer considérablement ce secteur. «Les coopératives et les mutuelles contribuent activement à la réalisation des objectifs économiques et sociaux d’un gouvernement, explique Hélène Simard, présidente-directrice générale du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM). Elles doivent donc bénéficier de conditions favorables leur permettant de déployer leur capacité de développement et leur assurer l’équité de traitement par rapport aux autres entreprises. Nous avons sept propositions qui peuvent aider l’État à stimuler l’économie, à répondre aux nouveaux besoins de la société, à créer des emplois et de la prospérité durable». Lire la suite »

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